Agroenvironnement

Questions et réponses en agroenvironnement

Cette année, l’environnement est à l’honneur aux Portes ouvertes sur les fermes du Québec. C'est l’occasion d'en apprendre davantage sur ce que font concrètement nos productrices et producteurs agricoles pour protéger les ressources de nos campagnes.

Lorsqu’on est moins familiarisé avec la réalité de la ferme, il est tout à fait normal de se questionner sur certains enjeux environnementaux propres au secteur agricole. Pour vous éclairer, voici quelques questions et réponses sur le sujet.

Comme toutes les activités humaines, l’agriculture n’est pas sans impact sur l’environnement. Cependant, de nombreuses pratiques sont intégrées chaque année par les producteurs agricoles sur leur entreprise afin de réduire cette empreinte : meilleure gestion des fumiers, usage équilibré des fertilisants, utilisation rationnelle des pesticides, pratiques de conservation des sols, actions pour protéger les cours d’eau et favoriser la biodiversité.

Nos normes environnementales sont aujourd’hui parmi les plus sévères en Amérique du Nord et les modes de culture et d’élevage sont en constante évolution, notamment en fonction de l’avancement des connaissances agronomiques.

Est-il vrai que l’agriculture est une activité particulièrement polluante?

L’agriculture biologique ne se caractérise pas seulement par l’absence de produits chimiques. La transition vers le bio impose de multiples changements dans les méthodes de culture et d’élevage afin de respecter les nombreuses exigences liées à la certification. Ces changements s’étendent sur plusieurs années (au moins 3 ans) et nécessitent l’apprentissage de nouvelles façons de faire.

Malgré ces impératifs, l’agriculture biologique est en plein essor au Québec, en grande partie grâce au travail de producteurs pionniers dans le secteur. Le nombre de fermes s’est accru de 29 % au cours de la dernière année! Aujourd’hui, plus de 2 100 fermes détiennent la certification biologique, avec des superficies en culture de l’ordre de 85 000 hectares.

Pourquoi tous les producteurs agricoles ne font-ils pas la transition vers l’agriculture biologique?

Les producteurs agricoles sont des professionnels de l’agriculture; ils connaissent bien leur métier et savent s’adapter aux nouvelles exigences du secteur. Aussi, plus de 8 900 entreprises agricoles sont membres du réseau des clubs-conseils en agroenvironnement (CCAE), et travaillent conjointement à élaborer une approche globale de gestion des ressources à la ferme. En plus de leur formation, la très grande majorité des agriculteurs font affaire avec des agronomes pour les conseiller dans leurs pratiques.

Est-ce que les producteurs sont bien au fait des impacts de leurs pratiques sur l’environnement?

De nombreux efforts ont été déployés par les producteurs agricoles au cours des 25 dernières années pour protéger les cours d’eau.

 

Contrôle des pertes de phosphore

Afin d’empêcher que des quantités de phosphore provenant des fumiers et des autres engrais se retrouvent dans les cours d’eau, on a complètement revu les règles de gestion de ces matières fertilisantes. Aujourd’hui, des règles strictes concernant l’entreposage des fumiers et de leur épandage dans les champs sont en vigueur et respectées. Ainsi, les producteurs sont tenus de produire chaque année un Plan agroenvironnemental de fertilisation pour leur terre en culture, lequel doit être signé par un agronome. Depuis bien des années, plus aucun animal d’élevage n’a accès au cours d’eau.

 

Réduction de la présence de pesticides par la conservation des sols

Il arrive que l’on constate la présence de résidus de pesticides dans nos cours d’eau. La principale raison? Les problèmes d’érosion des terres agricoles. En effet, le vent ou le ruissellement provoqué par de fortes pluies entraînent des particules de sol cultivé vers le cours d’eau. Pour mieux contrôler cette érosion, les producteurs adoptent des pratiques de conservation des sols telles que la rotation des cultures, le semis direct, les cultures intercalaires et les engrais verts, etc. Ils sont aussi tenus par la loi de respecter une bande riveraine qui agit ici comme zone de protection.

Mieux on conservera les sols, mieux on protégera l’eau.

Que font les agriculteurs pour protéger les cours d’eau?

Les études menées par le ministère de l’Environnement sont claires; l’eau potable distribuée à la population du Québec est pratiquement exempte de résidus de pesticides. Dans le dernier rapport du ministère source, sur les 72 606 échantillons analysés, seuls 3 échantillons (0,42 %) contenaient des pesticides, à des concentrations bien en dessous des normes de qualité établies.

Qu’en est-il de l’eau potable?

À l’échelle du Québec, le secteur agricole arrive au quatrième rang avec 9,3 % des émissions de gaz à effet de serre (GES), loin derrière les activités liées au transport, responsable de 41,7 % de toutes les émissions de la province. Par ailleurs, certains secteurs de production souvent pointés du doigt pour leur bilan GES, ont grandement amélioré leurs pratiques. Par exemple, les études démontrent que l’émission de GES par kilo de lait produit a diminué de 20 % de 1981 à 2006 source. De leur côté, les éleveurs de porcs du Québec affichent la meilleure performance de toutes les régions productrices de porcs du monde avec un bilan carbone de 4,22 kg de CO2, soit 31 % plus bas que la moyenne mondiale source.

Est-il vrai que l’agriculture émet de grandes quantités de gaz à effet de serre?

Les pesticides ont pour but de protéger les cultures contre les pertes occasionnées par les insectes, les mauvaises herbes envahissantes et les maladies. Ces produits aident à assurer la quantité et la qualité des fruits, des légumes et des céréales. Sans eux, des récoltes entières pourraient être détruites avec pour conséquence une augmentation du coût de production et de celui des aliments.

Par ailleurs, les producteurs sont de plus en plus sensibilisés aux questions entourant les pesticides et tendent à réduire leur usage en employant des techniques de dépistage dans leurs champs, des méthodes de lutte intégrée lutte intégrée et des méthodes de remplacement aux pesticides, lorsqu’elles existent. Cela dit, les recherches sur des méthodes alternatives sont en constante évolution et de plus en plus de producteurs les mettent en pratique.

Pourquoi les agriculteurs utilisent-ils des pesticides?

Les producteurs évoluent sur des marchés fortement compétitifs et doivent répondre à des impératifs de rendement et de qualité de plus en plus exigeants. En l’absence de solutions alternatives efficaces, les pesticides demeurent nécessaires. À défaut de cela, ce sont des denrées provenant d’ailleurs que nous retrouverons sur les étals des épiciers. Comme les prix et l’apparence des fruits et légumes demeurent, pour la grande majorité des consommateurs, des éléments décisifs lors de l’achat d’un produit plutôt qu’un autre, la réduction de l’usage des pesticides doit passer par des solutions de rechange efficaces et économiquement viables.

Est-ce que l’utilisation de pesticides est vraiment nécessaire?

Avant tout, il convient de rappeler que les pesticides sont des produits dispendieux, et que les producteurs n’ont aucun avantage à en abuser. D’ailleurs, ceux-ci sont de plus en plus sensibilisés aux questions entourant les pesticides et tendent à réduire leur usage en employant des techniques de dépistage dans leurs champs, des moyens de lutte intégrée lutte intégrée et des méthodes de remplacement aux pesticides lorsqu’elles existent. Toutefois, comme les méthodes alternatives contre plusieurs ravageurs des cultures ne sont pas encore au rendez-vous, les producteurs, en collaboration avec les gouvernements, investissent en recherche appliquée pour développer des solutions de remplacement.

Est-il vrai que les producteurs utilisent des pesticides de façon automatique, sans en avoir réellement besoin?

Non. Santé Canada impose des limites quantitatives précises de traces de pesticides pouvant se retrouver sur les aliments. Au minimum, cette limite est 100 fois plus basse que le seuil de sécurité, voire 3 000 fois, selon le pesticide utilisé. Ces valeurs de référence reposent sur des résultats de recherches scientifiques approfondies et tiennent compte des effets cumulatifs liés à la consommation quotidienne d’une personne, tout au long de sa vie.

Doit-on s’inquiéter des résidus de pesticides que l’on peut retrouver sur les fruits et légumes?

Selon Santé Canada, les limites imposées protègent adéquatement notre santé. Bien que certaines études démontrent que les pesticides ont des effets néfastes sur la santé, celles-ci concernent plutôt des situations avec une exposition directe aux pesticides. Quant aux risques liés à la présence de résidus de pesticides dans les aliments, plusieurs études démontrent que les avantages de consommer des fruits et légumes surpassent les potentiels risques causés par ces présences infimes de résidus de pesticides.

Cela dit, les producteurs agricoles sont préoccupés par les risques que ces produits pourraient poser pour leur santé ainsi que celle de leur famille et de leurs employés. C’est pourquoi l’Union a demandé au ministère de la Santé du Québec, à l’instar de ce qui se fait aux États-Unis, de financer une étude épidémiologique dans la province pour mieux comprendre l’impact de l’exposition aux pesticides.

Des chercheurs font souvent des liens entre cancers et pesticides. Y a-t-il lieu de s’inquiéter?

En production maraîchère, le fumier n’est pas utilisé comme fertilisant. On utilise plutôt du compost ou d’autres types de fertilisants. L’épandage des fumiers est une pratique surtout associée aux grandes cultures et aux céréales, qui sont destinées à l’alimentation animale. Le fumier est d’ailleurs un excellent fertilisant naturel pour ce type de culture et remplace avantageusement les engrais commerciaux.

Est-ce véritablement écologique d’utiliser le fumier comme engrais sur les terres où l’on cultive des fruits et légumes que nous allons consommer?

Pour des raisons environnementales, les producteurs doivent faire l’épandage du fumier pendant la période de croissance des cultures (printemps, ou à la fin de l’été). Les agriculteurs sont conscients que les odeurs dégagées peuvent être irritantes. C’est pourquoi lors de l’épandage, ils font usage d’équipements spécialisés qui contribuent à réduire sensiblement les inconvénients. Les haies brise-vent (ou brise-odeurs) aménagées près des bâtiments et des structures d’entreposage agissent aussi comme de véritables barrières naturelles pour capter les odeurs. Les producteurs peuvent également mettre du paillis sur le fumier ou encore recouvrir leurs fosses à fumier d’une membrane étanche pour limiter les mauvaises senteurs.

Que font les producteurs pour réduire les odeurs lors de l’épandage de fumiers?

Annulation des Portes ouvertes 2021 : de belles alternatives en perspective!

Dans un contexte sanitaire incertain, l’Union des producteurs agricoles (UPA) est dans l’obligation d’annuler la journée Portes ouvertes sur les fermes du Québec qui devait se tenir en septembre 2021.

Qu’à cela ne tienne : nous créerons d’autres occasions de favoriser les rencontres avec les productrices et producteurs agricoles en invitant les Québécoises et les Québécois à visiter les fermes au cours de la belle saison, grâce au mouvement Mangeons local plus que jamais! L’application du même nom sera d’ailleurs bonifiée par l’ajout de circuits thématiques et de plusieurs nouveautés.

De surcroît, le jeu Kasscrout sera promu dans le cadre d’animations qui se tiendront dans des endroits déjà adaptés aux mesures sanitaires, par exemple les marchés publics. Les familles intéressées par l’activité Portes ouvertes pourront ainsi découvrir la diversité et la qualité des produits d’ici.

Surveillez la page Facebook de l’UPA pour vous tenir informés des activités à venir!